6.1.09

Analyse 2 (2009)

Paix et Justice au Moyen-Orient

STRASBOURG, le 06 janvier 2009


cpjmo@yahoo.fr


Silence, on assassine à Gaza!


Depuis samedi 27 décembre, la bande de Gaza subit bombardements et incursions militaires. La censure militaire israélienne interdit aux journalistes de pénétrer dans la bande de Gaz. Les «informations» sur le déroulement de la campagne militaire israélienne sont fournies par les autorités israéliennes. Il n’est pas difficile d’imaginer la nature des «informations» communiquées au reste du monde.


Une chose est sûr: l’armée israélienne tire sur tout ce qui bouge à Gaza. Encerclé et bombardé sans discontinuer par l’aviation, par l’artillerie et par des vedettes de la marine, le nombre de morts ne cesse d’augmenter à Gaza. Sur plus de 500 morts, un quart sont des civils, des enfants en bas âge, des jeunes, des femmes et des vieillards. Des familles entières ont été décimées sous les bombes. Selon la Croix-Rouge, des blessés meurent en attendant des ambulances qui ne peuvent les approcher à cause des combats.


Quelles sont les pertes de l’armée israélienne? Silence. Censure militaire oblige. Par contre, les télévisions occidentales aux ordres diffusent en boucle des images de propagande, tournées sur la «vaillante» armée israélienne, à la recherche de sa «force de dissuasion», perdue au Liban en 2006. Militaires, hommes et femmes, sont montrés en treillis militaire ou en train de se teindre le visage avec de la peinture de camouflage.


Tous les gouvernements occidentaux, européens, américain et leurs laquais arabes, sont complices du carnage organisé à Gaza, perpétré par une armée surpuissante, soutenue par l’industrie militaire occidentale; crime commis sur un territoire de la taille de l’Alsace, densément peuplé, pour obliger un peuple à renoncer à ses droits les plus légitimes et les plus élémentaires: disposer d’un Etat souverain, digne de ce nom.


Faut-il attribuer ce crime aux seuls sionistes israéliens? La réponse est sûrement négative. C’est aussi la finance mondiale, ceux-là même qui ont conduit l’économie mondiale au bord du gouffre; ces gens «civilisés» aux commandes des bourses des Etats richissimes; ceux qui se qualifient de «pragmatiques», à la tête des armées puissantes qui vassalisent ou qui colonisent des pays souverains du Moyen-Orient et d’Asie centrale; ces héritiers des princes de la finance, des «Ben Bush» et des «Al-Fayçal», aux Etats-Unis, en Europe et dans les pays arabes du golfe Persique; ils sont les complices des criminels de guerre israéliens.


Cette vaste offensive militaire se déroule selon un plan bien établi, en concertation avec les chancelleries occidentales. Pris dans un piège sans issue de secours et humilié à Beyrouth en août 1982, Yasser Arafat a dû reconnaître, sans contrepartie, l’existence de l’Etat d’Israël. Mahmoud Abbas, son successeur, est allé encore plus loin: dilution de la cause palestinienne dans un nuage de promesses sans fondement, sur fond de développement des colonies, le renoncement définitif de la construction de l’Etat palestinien souverain sur un territoire où vivent les Palestiniens, parqués comme des rats, dans des bantoustans.


Yasser Arafat n’a jamais accepté l’Etat- bantoustan palestinien, promis par l’Occident. Ses dignes héritiers se battent actuellement à Gaza, armes à la main. Encerclés et sous une forte pression militaire, presque intenable, la résistance palestinienne finira-t-elle par se dissoudre en reconnaissant l’Etat d’Israël? Nous ne le pensons pas.


En 1967 et en 6 jours, l’armée israélienne a vaincu trois armées arabes. Aujourd’hui, elle peine à venir à bout d’une milice armée, sur un territoire de 360 km2. Car, la résistance palestinienne mène une guerre populaire, une guerre de guérilla. Comme au Liban, l’enlisement menace l’armée israélienne.


Nicolas Sarkozy s’est rendu au Moyen-Orient pour manifester son soutien à Mahmoud Abbas, président- paillasson de l’Autorité palestinienne, d’une part et pour convaincre la résistance palestinienne de déposer les armes, d’autre part.


Pour la résistance, les choses sont claires: «Nous sommes prêts à tous les cas de figure et nous combattrons jusqu’au dernier souffle», a déclaré à l’AFP le chef du groupe parlementaire du Hamas, Moushir Al-Masri (Le Monde du 02/01/09). Certains journalistes y voient des fanfaronnades. «Résister, c’est exister!»

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